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SEIS : le sismomètre "martien" L'instrument SEIS est un sismomètre constitué principalement de 2 capteurs sismiques longue période (VBB - Very Broad Band), c'est-à-dire adaptés à mesurer de signaux de fréquence très basse ou de grande longueur d'onde (Plusieurs dizaines à plusieurs centaines de kilomètres). Ces capteurs présentent un très faible niveau de bruit (
Pourquoi un sismomètre sur Mars On connaît peu de choses sur la structure interne de la planète Mars, ainsi que sur sa composition. D'importantes incertitudes subsistent également, en ce qui concerne l'activité tectonique de la planète, ou bien le nombre d'impacts météoritiques. L'outil scientifique le plus adapté pour répondre à ces questions est la sismologie. Alors qu'une expérience sismique simple était incluse dans les atterrisseurs Viking (1976) qui auraient pu donner un certain nombre de premières réponses à ces questions géophysiques fondamentales, un des deux instruments ne fonctionna pas correctement, et le retour scientifique fut de plus extrêmement pénalisé par la localisation du senseur dans la partie haute de l'atterrisseur, leur faible sensibilité, ainsi que la sévère limitation de la quantité de données allouée à l'expérience. Les principales sources sismiques naturelles sur Mars sont probablement les "tremblements de Mars" ainsi que les impacts météoritiques. Du fait de l'arrêt probablement précoce (moins d'un milliard d'années après sa formation) des mécanismes similaires à la tectonique des plaques sur la Terre, on suppose que les principaux mécanismes à l'uvre sont similaires au séismes intra-plaques sur Terre, ou dus au stress thermique du refroidissement de la planète. Par ailleurs, les données récentes en provenance de Mars Express tendent à accréditer l'idée d'une planète en "fin de vie géologique" plutôt qu'une planète "morte" géologiquement : on a ainsi pu détecter une activité volcanique "récente" sur les flancs d'Olympus Mons et d'autres volcans martiens. L'établissement d'un, de deux, puis enfin d'un réseau de sismomètres sur Mars permettra ainsi une évaluation du niveau et de la distribution géographique de l'activité sismique, via la localisation et l'estimation de la magnitude des évènements. Avec un nombre suffisant de stations, un tel réseau de sismomètre devrait pouvoir permettre d'effectuer une étude de la corrélation entre l'activité sismique, les régions où les modélisations prédisent les plus fortes contraintes au niveau de la croûte de la planète, mais aussi de confirmer une possible activité volcanique. De plus, l'étude des profils des séismes, ainsi que l'étude des temps d'arrivée des différents trains d'ondes sismiques permettra d'accroître de façon spectaculaire notre connaissance de la structure interne "profonde" de la planète, en permettant par exemple de déterminer les profils de vitesse sismique en fonction de la profondeur. L'étude fine de ces profils permet tout à la fois de connaître les épaisseurs, ainsi que les propriétés physiques des principales couches internes de la planète ( noyau, manteau, croûte). Enfin, l'estimation de l'atténuation sismique des différentes couches nous aidera à déterminer la structure thermodynamique à l'échelle de la planète.
Même si la configuration optimale d'un réseau sismique requiert au moins quatre stations opérant ensemble, il n'en reste pas moins vrai que le retour scientifique d'une seule station permettra une avancée spectaculaire dans notre compréhension des mécanismes fondamentaux régissant l'évolution à long terme de la planète. Un tel instrument nous donnera les clefs pour comprendre pourquoi cette planète, en apparence si semblable à la Terre, et ayant vu couler de l'eau pendant de longues périodes de son histoire, a pu devenir le désert froid et sec qu'elle est aujourd'hui. |
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Le VBB est basé sur un pendule mécanique qui se met à osciller lorsqu'il est excité par un mouvement de très faible amplitude (en l'occurrence un séisme). Afin de disposer d'une grande sensibilité sur les signaux de longues périodes (plusieurs milliers de seconde), le pendule est asservi à sa position d'équilibre, grâce à une bobine qui exerce une force sur la partie mobile.
Sous l'effet d'un séisme, le pendule (ici très amorti) se met à osciller - en réalité son amortissement est très faible.
Le moteur d'équilibrage permet d'ajuster avec une grande précision la position d'équilibre de la partie mobile. Le ressort applique une force de rappel au pendule. Il doit avoir des caractéristiques mécaniques les plus stables possibles dans le temps et en fonction de la température compte tenu des variations de température diurne-nocturne qui sont présentes sur Mars.
La masselotte Terre sert à compenser l'écart de gravité entre la Terre et Mars (rapport 3) afin de tester le VBB et mesurer ces performances durant son intégration sur Terre. Le sismomètre complet est constituée de : Un premier ensemble, composé de 2 senseurs sismométriques "large bande" (c'est-à-dire fournissant des mesures de mouvement du sol sur des échelles de temps allant de quelques fractions de seconde à quelques heures) positionnés tête bêche, associés à un senseur sismométrique "à courte période" (c'est-à-dire fournissant des mesures des mouvement du sol sur des échelles de temps allant de quelques centaines de Hertz à quelques secondes ~0.1 Hz), afin d'être en mesure de déterminer la direction du signal dans les trois direction. Le senseur sismométrique courte période est un capteur conçu par le JPL (Jet Propulsion Laboratory - USA), une des premières applications spatiales des micro-technologies dites "MEMS"
Un deuxième ensemble, composé d'un trièdre de sismomètres MEMS JPL, Un ensemble de capteurs annexes (pression / acoustique, température, inclinaison), servant soit à la gestion, soit de mesure scientifique, Un système d'installation, qui compte tenu de sa dépendance avec le concept du véhicule porteur et de l'arrêt du programme NetLander, est resté à l'état de concept (© SODERN-COMAT), Une électronique de gestion et d'interface. |
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Les travaux réalisés ont abouti à l'obtention d'un démonstrateur fonctionnel (hors système d'installation) très proche au niveau de la conception et des caractéristiques physiques de ce que sera le modèle de vol et d'un modèle structurel (STM) permettant de caractériser le comportement mécanique et thermique de la sphère et de recaler les modèles mathématiques. Les différents tests conduits sur ce démonstrateur permettent de conforter les dimensionnements imposées par les contraintes environnementales de la mission (tenue aux chocs, excursion en température) et de vérifier leur compatibilité avec les spécifications (scientifiques et techniques) de l'instrument. Matériel réalisé
Les principales caractéristiques de l'instrument sont présentées dans le tableau ci-dessous :
(*) Chaque senseur court terme pèse 32 g et a une consommation de 55 mW.
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Trois laboratoires scientifiques se sont impliqués dans ce développement : L'Institut de Physique du globe de Paris (IPGP) assure la maîtrise d'uvre de l'instrument (Sphère, système d'installation, logiciel, intégration, test) et des senseurs VBB, (plus d'informations sur l'instrument SEIS)
Le Eidgenössische Technische Hochschule Zürich (ETHZ - Suisse) fourni toute l'électronique, Le Jet Propulsion Laboratory (JPL - Etats-Unis) fourni les senseurs sismiques courte période (technologie MEMS) |
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